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LIFESTYLE-PEOPLE- Le style All American, le rêve américain de la femme ?

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Mise à jour 19H40 : il y a eu un incident WordPress qui a endommagé une partie du texte. j’ai tout remis d’équerre.

Vous avez peut-etre déjà entendu parler du style de beauté « All American », quintessence du style de beauté américain.

le rêve américain, c’est elle, la femme All American Beauty

De quoi s’agit-il ?

  • Un style de beauté pour faire des photos
  • L’art de la sophistication faussement improvisée
  • Une image de la femme américaine
  • Des variantes tous azimuts

Quintessence de la beauté vue par les Américains, le style All American est un incontournable, ne serait-ce que de par les stars, les publicités. Il fait partie de la culture américaine et son influence sur notre vision de la beauté est persistante depuis des décennies. Des pin-ups des années 40 aux stars des red carpets d’aujourd’hui, vedettes de real tv ou de la chanson, ce style a envahi l’espace de nos imaginaires et de nos ideaux de beauté. Et il y en a pour tous les gouts, de la diva à la bimbo trash.

Il a épousé avec le temps la diversité typiquement américaine de sa population, embrassant toutes les beautés du monde.

Il y a quelques années, j’ai eu l’occasion d’échanger plusieurs fois  avec une ancienne cliente, qui fut  Coloriste Maquillage Monde d’une marque leader mondialement connue . C’était une sino-américaine originaire de Miami. Son job: imaginer les prochaines palettes de maquillage de cette marque mondiale. Son monde: la couleur. Elle  n’était pas seule dans la mise en oeuvre , dans sa Direction, il y avait les équipes Yeux, Teint et Ongles plus un departement Asie spécifique.  Mais c’était elle qui décidait des coloris tendance de la saison, comme un directeur artistique de maison de couture.

Cette pub est montrée à titre d’exemple

Depuis, elle a changé de poste, quitté Paris et est partie en Californie. Je me souviens d’ une diva d’1m50 replète au teint de miel, dotée d’une réputation backstage de femme diva, et je peux en attester. Elle n’avait que peu d’égards pour le petit personnel, affichant des sourires en façade mais capable de faire dire à la réception  » qu’elle n’attend pas de rendez-vous » pour poser un lapin. Toujours dodelinante sur des stiletti immenses  à lames rasoirs , toujours ultra maquillée All American of course. Pour les Fêtes de cette année là, je me souviens qu’elle avait fait Paris- Miami- Hawaii-Paris.  Pas mal la quinzaine, non ?

Julianne Moore est très importante pour le marché américain du maquillage

A l’ époque, la prochaine tendance , c’était le lavande me disait-elle. Elle m’avait montré les présentoirs de la gamme qu’elle avait imaginée pour la saison suivante.

Plus tard, je l’ai perdue de vue, car elle devait partir au Festival de Cannes pour superviser les looks des fameuses égéries qui allaient parader sur tapis rouge. Ceci dit, elle m’affirma, en toute honnêteté, qu’en fait, elle ne cotoyait pas les égéries directement ( à peine un bonjour, me dit-elle) , car il y avait bien trop d’agents et autres entourages autour de ces stars. Elle se considérait dans l’ombre….logée  au Negresco tout de même.  Par la suite, j’appris par tierce personne qu’elle était repartie en Californie pour diriger une marque de maquillage grand public du groupe….que vous pouvez retrouver en boutiques dans le monde entier.

Eva Mendes allait diner à la Tour Eiffel avec son fiancé Ryan Gosling, lui est casual, elle est All American

Au cours de nos échanges, je lui avais demandé de m’expliquer ce qu »était donc la beauté qu’on dit All American : j avais vu le terme  » All American Beauty »  dans divers magazines anglo saxons et cela m’intéressait d’avoir une définition de la bouche d’une experte.

Christie Brinkley, un des premiers top models des années 80 dans Sports Illustrated

Cette dame m’expliqua alors ce qu’était le concept de base du style All American, que connaissent toutes les Américaines.: une fille sportive, saine, souriante, pêchue , bronzée, cool. Elle n’est plus forcément blonde aux yeux bleus depuis belle lurette. Latina, afro, asiatique, métisse, rousse, brune, elle peut être  toutes les femmes américaines..ou presque.

Halle Berry en 2015

C’est un archétype de la beauté qu’on a retrouvé au cours des décennies depuis la Seconde Guerre;  et qui s’est imposé dans les médias et dans le monde. L’American Dream de la femme, c’est elle.

C’est un style d‘attitude « très américain » : toujours pêchu, souriant, cool, facile à vivre. C’est la fille qui fait  » hey !  » en levant le pouce .

Meghan Markle, a grandi dans ce culte de la beauté All Américan, et elle l’a même endossé dans son boulot. Normal, elle est née en son royaume.

Elle annonce les bonnes nouvelles avec joie, bonne humeur. Elle est spontanée, généreuse, nature.  C’est presque le diktat du sourire à tout prix qui nous semble étrange voire louche ( selon le spécialiste interculturel Fons Tromprenaars, il y a des cultures plus Pêches qui sont dans cette veine et des cultures plus Noix de Coco, plus réservées de prime abord) .

Même un personnage fictif de flic ( Grace Park joue Koko dans Hawaii 5-0) est All American, ce qui nuit quelque peu au réalisme d’ailleurs.

La Californie et ses stars  ont érigé ce style, ce look  en style national  absolu impératif. C’est un archétype de féminité, même. Une grâce très appréciée Outre Atlantique. On aime le sourire, pas les moues à la Parisienne.

Bien sûr il y a des variantes. La variante diva est quasiment systématique sur les red carpets. Cette variante a essaimé partout. Les yeux très travaillés, faux cils, etc, et beaucoup de fond de teint et de blush. C’est ce que veulent imiter les ados américaines en copiant les photos de magazines et red carpet.

Exemple, Jen Aniston, ultra bronzée, balayages coups de soleil.  Le teint de miel à tout prix, la joue satinée. Bien sûr, si on est laiteuse de nature, on s’adapte comme Miss Moore.

Julianne Moore est très regardée côté mise en beauté aux USA

Les jeunes Américaines démarrent tôt ce look , telle la Louisianaise devenue californienne, Britney Spears.

Il faut avoir l’air sain, donc les dents blanches, bien droites, bien belles. Une blondeur miel. Un crop top et un short  pour dévoiler un ventre bien bronzé. Le bronzage fait ressortir les dents blanchies, justement.

Britney en 2015

J’ai l’impression que le côté sain implique de montrer son corps, son poitrail en particulier, mais aussi les jambes, les bras, …tout le corps, dans un style déesse du soleil. Montrer son corps de déesse, c’est important.

Contrairement à Aphrodite qui était voluptueuse, oisive, alanguie, la fille All American est tonique, sportive. Elle prend la pose et s'(affiche dans sa perfection.

Beyoncé en vacances

Les soeurs Kartrashians pratiquent un style plus trashy, mais tout aussi tonique, bronzé, cool, spontané, nature ( pas naturel ). En fait, des looks toujours travaillés, comme les poses d’ailleurs. L’All American est calculé pour faire des photos, c etait le style des pin ups de posters durant la Guerre. Il est un peu artificiel, présentant un côté naturel, faussement spontané. Cela peut agacer à la longue. On se dit  » c ‘est si américain ».

En version diva, latina, ado, hippie, glam ou kitsch Hollywood, trashy ou tout en même temps, il faut être tonique, sportive , bronzée et même dénudée dans l’idéal . La santé, le sport, c’est le corps qui se dévoile, les dents de nacre, les cheveux en manne divine, pas que le teint éclatant. C’est tout un ensemble de poses qui visent à mettre en avant ce côté joie de vivre. Regard franc, corps déployé. Une énergie contagieuse.

L’All American, c’est une attitude, une image. Celle de ce rêve d’abondance et de richesse, de jeunesse, de coolitude. Le monde lui sourit.

Lucy Liu dans une pose pas vraiment naturelle.

Et on y va sur le make up des yeux, souvent bien chargé voire hypertrophié par des faux cils, même de jour.

Jessica Chastain

Ce qui est fascinant, c’est que d’un look supposé naturel d’une  fille nature issue du soleil, on est passé à un look plus vraiment  naturel, surjoué, perfectionnisme maniaque  hollywoodien  oblige.

Elle Mc Pherson s’est fait le teint avant de surfer, on dirait. Bonne humeur obligatoire

J’eus une tante qui passa quelques années à San Francisco dans les années 80. Bien que fan de mode et stylée, elle fut surprise de voir combien aux US , la beauté était une dictature . Pas de répit. Ne pas avoir de manucure ultra stylée avec vernis, etc , ce n’était pas possible. On vous regardait bizarrement. C’était le royaume du faux cil, des faux ongles, déjà. Pas de sortie sans fond de teint et maquillage complet, sous peine de passer pour négligé. Les ongles au naturel étaient totalement honteux.

Melania Trump

L’Amérique reste polarisée entre les extrêmes et celui-ci, c’est la beauté et le culte du corps parfait, les pilules tous les matins. De l’autre, on a les obèses, les addicts de la junk food, les pécores, les ploucs qui ont 3 jobs par jour.  Ceux qu’on voit dans le film Richard Jewell

 

Larticia a initié ses filles au style All American, version hippie

Dès l’adolescence, les jeunes collégiennes mettent du mascara, et même des faux cils , faux ongles, etc. L’artifice pour faire naturel. Ceci a créé la polémique, car même enfants, les petites Suri Cruise, Jade et Joy Hallyday ont été chez la manucure, une chose tout de même peu communes par nos longitudes.

54% des ados américains de 12-14 ans utilisent du mascara , du fard à paupières , de l’ eye liner et des crayons à sourcils.  45% utilisent du fond de teint et de l’anti cernes, 30% utilisent du blush ou de la poudre bronzante, et 10 % des teintures pour les cheveux.  42% des ados utilisent ces produits pour se donner confiance et seulement 16% pour avoir l’air plus vieux. (étude de 2016)

Les ventes auraient stagné en 2018 cependant, signe qu’on atteint un maximum de pénétration du marché, surtout avec les polémiques sur les phtalates, paraben, perturbateurs endocriniens, particulièrement nocifs sur les enfants.  En pleine maturation, le système hormonal n’a pas besoin de substances perturbatrices en plus.

Bibi essaie aussi de suivre ce style, bronzée, blondie , yeux ultra chargés, dévoilant bras et jambes. Cela correspond à son époque, les années 60-70, c’était l’All American version sex sun and beach. St Tropez, les hippies, etc.

Une autre dame anglaise me raconta avoir passé 6 mois à Los Angeles dans une famille d’accueil avec deux ados ( échange scolaire) . Elle fut rapidement initiée au style local « total » , fond de teint, terracotta, mascara, blush, la totale et …FAUX CILS. Un accessoire porté au quotidien par l’aînée de la famille pour aller au lycée. Cette jeune fille se levait 30 mn à l’avance juste pour endosser son look avant d’aller à l’école.

Lindsay Lohan et sa mère jadis

Cette dame revint à Londres méconnaissable, totalement relookée par ses copines américaines. Un déguisement folklorique qui fit un effet boeuf sur ses parents à l’aéroport, paillettes comprises. On était en pleine période Britney.

Britney et sa mère

Le style All American n’est pas qu’une question de make up, mais de look, d’attitude.  Dans toutes ses variantes, il  a perfusé toute une vision de la féminité aux USA et elle a essaimé via les films, les top models, la mode, les stars de ciné et de télé et désormais les influenceuses. Le style a été copié et reproduit partout, se globalisant comme toute la culture américaine, musicale, cinéma, mode. Un idéal emblématique.

Mais au coeur de son ADN reste cette femme libre, cool, joyeuse, confiante, qui attire les regards et l’admiration.

Angie Everheart dans une pose pas vraiment naturelle non plus

En même temps, réside dans la systématisation sociale du concept un risque de perte de liberté, d’imagination. Une femme n’est plus libre si elle se sent obligé de suivre un style, d’exprimer une émotion de bonheur permanente. La dictature de l’All American est un autre phénomène aliénant à Hollywood.

Jennifer Lawrence en mode All American glam bimbo

 

J Lo aussi

Je ne pense pas qu’une femme puisse faire carrière aux USA sans embrasser ce style. Cela fait partie de la panoplie de la star féminine US. Surtout à Hollywood.  Il y a  quelques exceptions comme l’éternelle Metyl Streep mais c’est rare.

La variante mâle est possible mais elle n’est pas obligatoire. On lui demande d’être sportif mais pas forcément pomponné.  Leonardo di Caprio n’a jamais été obligé de l’être. Ryan Gosling non plus. Chris Pine non plus. ( je regarde les acteurs qui ont un peu fait carrière sur leur physique) . Il y a eu des stars All American hommes comme David Charvet, et un certain nombre de bogosses. Eux aussi ont la pression mais plus sur les muscles. On ne leur demande pas de dénuder jambes, bras et poitrine ou de sourire béatement.

La femme All American est toujours impeccable, à la plage comme en reunion de travail. Cela fait partie du côté un peu aliénant du style. En fait, je crois qu’elle est toujours prête à être prise en photo.

En cela, je pense que c’est sexiste au final si cela devient une convention sociale obligatoire pour la femme.Je m’étonne que personne ne dise rien chez les stars de la A List qui ont fait le Time is Up ou Me Too.

Il y a une beauté All American qui a tenté une variante royale plutôt avec succès, c’est Meghan Markle.

Elle devait se couvrir un peu dans ce nouveau job , mais on reconnait cette tendance à dévoiler ses bras, ses jambes nues et à adopter un maquillage très complet  , avec une touche de blush-poudre soleil qu’on appelle ‘ sun kiss ». Et les faux cils de jour même pour une sortie ordinaire. Le regard est très travaillé. Un style qui a détonné dans le Gotha, jugé parfois excessif . Ce look n’a pas forcément aidé Meghan à se faire reconnaître comme crédible, car en Europe, on préfère un look plus léger.ce qui est normal aux USA est perçu fake en Europe.

Meghan jadis à un événement World Vision

 

Grâce à son ami maquilleur américain préféré, elle a développé une routine qui fut une force de son look, malgré les errements de coiffure et autre incidents.  Il lui est toujours resté au moins cela .

Un style totalement différent du style English Rose d’une Lilibeth ou d’une Sophie Wessex, très léger aux yeux en particulier. Le choc culturel fut aussi de make-up et de beauté -mode au delà des pays.

Sophie peut opter pour un peu de poudre soleil mais elle insiste peu sur les yeux par exemple. Un teint nacré est plus mis en avant.  Le All American privilégie souvent les yeux très travaillés au mascara, eye liner, smoky eye, et les faux cils si besoin. Diana suivait aussi le style English Rose tout comme Anne.

Meghan a vraiment grandi dans cette éducation de la beauté et du style All American. Elle a voulu l’apporter à un Gotha anglais qui privilégie un style plus sobre sauf en soirée.  Meghan avait cependant adopté la manucure royale.

Avant

Avec sa copine Jessica Mulroney

Peut-être « too much » ou « over the top » en Europe, le style All American a essaimé et fait parfois des dégâts chez les ados , mais il est bien présent.

La chirurgie esthétique a été la nouvelle ouverture de l’All American, versant carrément sur le scabreux et le monstrueux. A force de vouloir avoir l’air jeune et sain, on finir par devenir épouvantable.  Idem pour les déviations vers le sexy à tout prix, avec les immanquables excès de prothèses.

 

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8 réflexions sur “LIFESTYLE-PEOPLE- Le style All American, le rêve américain de la femme ?

  1. Vous pouvez observer que les all-american forcent la mimique et sourient souvent avec la bouche grande ouverte; vous en voyez plusieurs exemples dans vos photos ça fait sourire figé, Marilyn était souvent comme cela, c’est aussi pour montrer une dentition parfaite jusqu’aux dernières molaires… Cela est à rapprocher des Brésiliennes qui affichaient les cicatrices sur leurs seins à la plage, seules les plus fortunées ayant eu accès à la chirurgie esthétique. Rappelons que la peinture n’a jamais représenté des femmes montrant leurs dents au sourire avant le mouvement impressionniste, c’était considéré comme inconvenant…

    • Merci Abraham pour vos insights sur l histoire iconographique de la femme. Très instructif ! C est vrai en effet que jadis avoir de belles dents…c etait difficile. Pas d orthodontie, pas de facettes, on arrachait souvent faute de pouvoir preserver la dent vivante.
      Cela me rappelle Josephine de Beauharnais qui evitait de sourire en raison de dents en mauvais état.
      L All American Beauty c etait aussi l American Dream finalement.

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