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PEOPLE- Le choix de Meghan

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On savait qu’elle devait être rédactrice -en chef invitée de Vogue, mais on ne s’attendait pas à ce que cela sorte maintenant. Ce matin , grand événement, on en sait plus sur le numéro de Vogue UK de septembre , supervisé par la duchesse de Sussex.

Dans ce numéro dédié à 16 femmes « game changers » qui inspirent la duchesse, on en apprend surtout beaucoup sur Meghan….

Anna Wintour a dû en manger son chapeau ce matin quand son (détesté ) rival et confrère Edward Enninful a sorti sa bombe de l’année: une édition de rentrée supervisée par une invitée de marque royale, la seule, la vraie, la pseudo nouvelle Diana, Meghan Markle. Scoop ! Jamais encore l’édition de rentrée n’avait été supervisé par un invité.

Edward est d’origine ghanéenne, il n’est pas spécialement plus cool qu’Anna Wintour, sa rivale du Vogue US.

Très sollicitée par les magazines, la duchesse aura finalement porté son choix sur un magazine britannique plutôt qu’américain ( bien que Vogue appartienne à un groupe américain qui possède aussi Vanity Fair, Conde Nast) avec un éditeur -en- chef Noir , une nomination qui fut une première dans le business.

A la photo, on retrouve Peter Lindbergh, le célèbre photographe de mode. Demarchelier et Testino étant décimés par MeToo et Leibovitz oeuvrant pour Vanity Fair, il ne restait plus beaucoup de choix. Peter avait déjà immortalisé Meghan pour son (in)fameux Vanity Fair US d’avant fiançailles.

Que Meghan ait le toupet de sortir une interview et une couverture à sa gloire , alors qu’elle n’était encore rien officiellement pour les Windsor, ce fut un signe de mauvaise augure manifeste pour la Firme : franc-tireuse et narcissique, vendant la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Quelle arrogance. Plus d’une fiancée royale a giclé pour moins que cela, il est normalement strictement interdit de se répandre dans la presse avant même d’être officialisée. Meghan n’aurait jamais eu telle couverture VF en tant qu’actrice ( secondaire) de Suits. C’est clairement le fait de sortir avec Harry qui lui avait obtenu cette couverture, pas un film, pas un livre, pas une action caritative. Le ver était donc dans le fruit.

Meghan l’a fait, Meghan s’est mariée quand même. Harry a croqué dans la pomme avec ardeur.

Je parie que William l’a toujours en travers de la gorge.

A l’inverse, son épouse Kate la parfaite élève s’est tue pendant les nombreuses années qu’elle a été petite amie royale, totalement impeccable. Jamais elle n’ a craqué même lors de leurs séparation temporaire de quelques mois. C’est normalement le sésame sine qua non pour rentrer dans une maison royale. Même Charlène et Letizia s’y sont tenues, et Dieu sait qu’elles ont du tempérament.

Examinons donc de plus près cet opus Vogue UK signé par la duchesse .

Ce numéro de Vogue réunit une pléiade d’étoiles féminines qui fascinent la duchesse et qu’elle considère des games changers, des personnes qui changent le système, qui changent la donne. Si on trouve par exemple Greta Thunberg, la jeune activiste écologiste suédoise, on trouve essentiellement des mannequins, artistes et athlètes issus des minorités visibles. On trouve plusieurs dames anciennement réfugiées d’Afrique, Salma Hayek, jadis sans papier mexicaine aux US et une actrice transgenre, Laverne Cox de Orange is the new Black. Étonnamment, pas sa pote Serena Williams, qui a contribué à changer la manière de voir le corps et le style d’une athlète femme.

Meghan n’oublie pas les handicapés en parlant d’une activiste irlandaise naine, Sinead Burke, qui milite pour que la mode pense aussi aux handicapés.

Certains de se demander ce que la pauvre Greta fait dans ce monde de luxe qui se gargarise de marques de parfums ( synthétiques) et de fringues ( non bio, faites dans des pays sans normes) dans Instagram, dans un consumérisme sans complexe. C’est tout le problème de parler écologie dans des publications de mode chic, façon Amal Clooney, la transporteuse en jet privé préférée de Meghan.

Meghan ajoute également deux icônes, Jane Fonda, actrice, ex activiste pacifiste anti guerre du Vietnam et icône de l’aérobic et désormais égérie L Oréal, ainsi que Christy Turlington, le plus grand top model de l’histoire , une activiste du yoga, si parfaite que le temps glisse sur elle. Elle a depuis épousé l’acteur Edward Burns et créé une association pour promouvoir des conditions saines d’accouchement et de grossesse pour les femmes du monde entier. Jane et Christy ne sont pas issues des minorités visibles, ont grandi dans un milieu aisé ( Jane est la fille de Henry Fonda, Christy est la fille d’un pilote de ligne). ..mais sont mordues de sport . Le temps n’a pas de prise sur elles ( Jane s’aidant par ailleurs de son chirurgien) .

On sent à travers cette sélection de game changers, qu’on est surtout face aux préoccupations inconscientes de Meghan : apparence, corps, yoga, mode, gloire, inclusion raciale, percer dans le showbiz .

Au delà des Claudia et autres Cindy, Christy a été LA top modele préférée des designers, car la plus fiable et travailleuse. Saine, yogi, discrète, elle peut représenter un idéal pour Meghan. De là à parler de game changing, n’exagérons rien.

Ces personnes qui sont en fait déjà célèbres ont réussi ce que Meghan n’a pas réussi par la carrière , mais par le mariage. Leur action dans le monde actuel reste très axé sur la médiatisation. Ces personnalités ont certes réussi à médiatiser des causes nobles et mènent pour certaines des actions caritatives réelles de terrain, mais ont-elles changé le système profondément et largement ? Pas tant que cela.

Il me semble que Rose Mc Gowan ou Ashley Judd, les premières à avoir parlé contre le monopolistique et redouté Harvey Weinstein et contribué à MeToo ont plus été game changers que ces 16 dames. MeToo a eu des répercussions mondiales dans tous les secteurs professionnels. Changer les règles du jeu d’un système, c’est vraiment plus que juste avoir fait carrière malgré l’émigration ou la pauvreté.

Le choix vraiment limite du panel , c’est Jacinda Arden, la Première Ministre néo-zélandaise, que Meghan veut mettre à l’honneur car elle a porté le voile pour présenter ses condoléances lors de l’attentat islamophobe de Christchurch. Un signe d’ouverture culturelle certes , pas forcément bien vu ( pour certains féministes anti voile ) et surtout un choix risqué car les Windsor ne peuvent appuyer aucun politicien, devant rester totalement neutres. En mettant à l’honneur une politicienne , Meghan intervient dans la politique néo-zélandaise. Ceci est très embarrassant pour la Reine. On comprend le choix de Meghan, mais Meghan ne pige pas qu’elle n’est pas Beyoncé, qu’elle est tenue à une réserve constitutionnelle en tant que personnalité royale.

Au fond, Meghan évoque plus l’inclusion culturelle et raciale dans ces choix que le féminisme en lui-même. Si Meghan avait vraiment voulu montrer ce que les femmes accomplissent de nos jours dans le monde, elle aurait pu diversifier son panel par :

– des femmes vraiment anonymes, jamais sorties dans la presse

– des femmes de terrain, qui agissent opérationnellement, pas seulement en discours et en instagram ou via parrainage d’une assoce

– des femmes d’autres secteurs que la mode et le showbiz ( le sport professionnel en faisant partie)

Dommage qu’il n’y ait pas de femmes entrepreneures ou scientifiques, ou encore pompières , militaires, des femmes qui occupent des métiers jadis masculins. Au lieu de cela, on a un peu trop de mannequins et d’actrices.

Et pourquoi pas des hommes qui font des métiers jadis féminins comme papa au foyer ou nanny. Le partage des tâches ménagères et de la charge mentale du foyer, voilà un élément game changing pour les femmes que Meghan pourrait évoquer.

D’ailleurs Meghan pourrait parler de ces anonymes qui sacrifient leurs vies à s’occuper des gamins des autres, les nannies. Elle en a trois, aux dernières nouvelles….

Elle avait écrit des messages sur des bananes pour des prostituées ( des messages jugés futiles pour des femmes en détresse) , mais ici nulle trace de vrais sujets comme le trafic de femmes, les violences sexuelles, les femmes objets, les femmes qui osent ne plus s »épiler, ne pas porter de Louboutins, ne pas avoir d »enfants. Ou encore évoquer ce terrible effet Matilda qui veut que les scientifiques femmes ne soient pas reconnues comme leurs pairs et se voient souffler des Prix Nobel.

Cela me rappelle quand les Maires de France avaient choisi le tout jeune mannequin Laetitia Casta comme nouvelle Marianne , alors qu’on aurait pu prendre une femme comme le docteur Claudie Haigneré qui était partie dans l’espace la même année, première femme cosmonaute française ( puis première femme commandant de Soyouz) . Claudie n’était pas plus moche que Laetitia et c’était un vrai symbole pour la France et la femme française moderne ( autrement qu’un physique de nymphette ) .

Je trouve que Meghan tombe dans la facilité . Dommage.

Meghan a refusé fermement de figurer en couverture, refusant de » paraitre vantarde ». Au lieu de cela, on a une case grise, un miroir censé être la lectrice ou le lecteur anonyme. Longtemps tannée par Enninful, elle préféra insister pour rédiger des articles ou s’occuper de la direction artistique de l’édition.

Elle apparait à l’intérieur, en robe Gucci à 2300 livres, en train de regarder un portant de l’association Smart Works, dédiée à fournir des vêtements pour aider des personnes en recherche d’emploi. Très dame patronnesse. Doit-on préciser que c’est la fashion victim-reine de la mode Amal Clooney qui a soufflé à Meghan l’idée de parler de ses bonnes oeuvres dans un magazine…

Amal, c’est la gauche caviar dans toute sa splendeur: si chacun vivait comme elle et George, il faudrait 1000 planètes Terre.

Meghan a de bien mauvaises fréquentations, doivent penser William et la Reine, entre actrices série B à selfies, tenniswoman hargneuse, stars de Rn B bling bling et avocate haute-couture snob gauche caviar ( le genre qui n’a jamais nettoyé une cuvette de WC de sa vie) , on ne sait plus où donner de la tête.

On s’étonne aussi que Vogue n’ait pas mieux orienté la duchesse en la laissant choisir une série de personnalités surtout fashion et peu game changing. En fait, Meghan a surtout choisi des gens qui ont changé un peu le jeu dans le showbiz. Salma Hayek, première star latina de Hollywood a certes ouvert le système…mais surtout celui du showbiz.

Même si elle fut reconnue comme féministe du temps de son film sur Frida Kalhlo , Salma Hayek est depuis devenue l’épouse de Pinault, le propriétaire très milliardaire du groupe de luxe Kering , un annonceur majeur des magazines Vogue et Vanity Fair . De moins en moins présente sur les écrans, Salma est désormais surtout une égérie people du groupe, arborant des tenues (souvent douteuses) sur red carpet. Meghan fait le jeu du groupe de presse américain Conde Nast, une maladresse de très mauvais goût.

Evidemment, la presse anglaise l’a mauvaise et tire à boulets rouge.

Objectivement, c’est une bonne idée que Meghan écrive, fasse la rédactrice en chef de magazine, pourquoi pas. Elle a une bonne plume et pourrait s’en servir. Mais si c’est pour retomber dans les travers du showbiz, mieux vaut ne pas le faire sans bien réfléchir avec son équipe de communication.

Dans le magazine, Meghan propose un entretien de son mari Harry avec Jane Goodall, la spécialiste des chimpanzés qu’on ne présente plus. Elle interviewe aussi par écrit Michelle Obama, l’élément un peu intéressant du panel. Michelle , en tant que Première Dame très active et populaire, a une vraie dimension de game changer. Comme par hasard, Meghan l’interroge beaucoup sur son rôle de maman et son association pour l’assertivité des adolescentes.

On attend de voir si Meghan va continuer avec Vogue USA, où Anna Wintour lui aurait proposé d’écrire une chronique mensuelle où elle parlerait de ses bonnes oeuvres.

Et de voir la réaction de la Reine à cette initiative Voguesque.

Ce miroir est pour que chaque lecteur puisse s’imaginer game changer, une idée de Meghan

Le public s’avère assez mitigé, d’autant qu’il est de plus en plus mécontent des comportements de diva de la dame qui refuse qu’on la photographie à Wimbledon, qui refuse de donner le nom des parrains de son gosse, même de donner le nom de son chien, mais qui se répand volontiers dans un magazine de mode.

Les secrets de succès de 40 femmes au sommet

Par ailleurs, les auteurs australiens d’un livre sur 40 game changers , où Meghan avait commis un essai, seraient déçus que la princesse ait « plagié » le concept de leur bouquin à succès ( il fut édité en 2016 et réédité en 2017) pour cette édition de Vogue. Ceci dit, je vois des différences. Sur la couverture, Meghan apparaissait aux côtés de vraies stars comme Nicole Kidman, Elle Mc Pherson et Gwyneth Paltrow, rien que cela. Et la diversité ethnique était proche de zéro ….

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5 réflexions sur “PEOPLE- Le choix de Meghan

  1. Je suis mitigée. C’est vrai que Meghan aurait pu faire des choix plus judicieux. Mais je la trouve attachante quand même et décidée à faire autre chose que mère au foyer de luxe comme Kate. Qui, cela dit, doit l’avoir saumâtre …

    • Excellent ce terme « saumâtre ». 😀 je ne crois pas que Kate aspire à faire ce que fait Meghan. Elle ne cherche pas la gloire et a été conditionnée pour être ce qu elle est par sa mère.

  2. C’est très bling-bling et superficiel c’est certain…mais comme elle en fait. Ces femmes n’ont rien changé du tout…elle aurait pu prendre Marion Chaygneaud-Dupuy…ou des Américaines dans le même style, mais ce n’est pas son truc. Elle a enfin trouvé la lumière, elle ne va pas la lacher.

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