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CINE- Grâce à Dieu, le choc

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Malgré la polémique , les tentatives d’interdiction du film par l’Eglise, Grâce à Dieu a pu sortir sans encombres. Primé de l’Ours d’Argent à Berlin, le film de François Ozon nous met une claque en pleine figure en nous narrant le calvaire des victimes du Père Preynat, prêtre pédophile sinistre qui sévissait notamment chez les scouts.

Des hommes marqués à vie par le traumatisme

Tenant les promesses de la bande-annonce, le film bénéficie d’un scénario béton et d’un casting de rêve pour une histoire poignante, déchirante et énervante, sans larmoiements et violons grandiloquents. Une narration implacable et sobre digne de Spotlight.

Il y a 3-4 ans, Spotlight nous avait plongés dans le monde infernal des scandales pédophiles des prêtres de Boston. J’avais intitulé le post sur ce film, « Spotlight, le choc ». Nous suivions les reporters d’un journal leader de Boston sur les traces des victimes d’un prêtre prédateur absolument abject , avant de se rendre compte avec effroi que 9% des prêtres du diocèse avaient commis des actes pédophiles….un taux extrapolable au monde entier. Qui ne se souvient pas du générique de fin affichant la liste effrayante et colossale des scandales de pédophilie dans le clergé mondial…

Spotlight montrait la mobilisation de reporters. Grâce à Dieu raconte la mobilisation des victimes, la presse locale ne voulant rien faire. au début

Couronné d’un Oscar en 2016 , le film a trouvé son pendant français en Grâce à Dieu, écrit et réalisé par François Ozon.

Partant cette fois du parcours de victimes furieuses face à l’omerta du clergé, qui ont finalement monté l’association la Parole Libérée pour lutter contre l’inaction de l’Eglise de Lyon quant à un prêtre prédateur, le film nous met face aux ambivalences d’un cardinal Barbarin qui ne fait pas ce qu’il dit, ou encore d’un prédateur qui se cache derrière  » sa maladie », lui pauvre « victime ». Autour, on a une psychologue de diocèse muselée , des familles catho terrifiées , indifférentes ou au contraire actives.

Swann Alaud est impressionnant face à Balasko, sa mère. Il incarne bien le stress post traumatique. Césarisable.

Grâce à des scènes très bien ficelées, Ozon réussit à brasser l’ensemble des aspects du thème, que ce soit le point de vue des petits, du clergé, des familles, des conjoints. Le film est informatif et pour un public novice, il initie très bien à la complexité du sujet à travers l’exemple plus détaillé de 3 victimes.

Melvil Poupaud, impeccable en cadre bancaire issu d’une famille catho bourgeoise très collet monté. A l’autre bout, on a Swann Alaud, excellent dans le rôle d’un traumatisé de milieu popu , trahi par son macho de père, avec tendance alcoolo et une copine toxique également alcoolo et victime d’abus.

On est bouleversé par les témoignages, la douleur des victimes lâchées par leur famille. Les flashbacks nous remettent dans ces camps scouts glaçants où le prédateur choisit sa pauvre victime innocente et ignorante…

Melvil Poupaud

Le film montre très bien comment les victimes, qui avaient voulu oublier, en viennent finalement à se mobiliser pour que le prédateur ne puisse plus approcher de gamins. L(inaction de Barbarin qui le laisse en poste va mettre le feu aux poudres.

Le film montre bien que l’association a parfois du mal à se mettre d’accord sur les modalités d’action. L’un veut monter au créneau de façon flamboyante et médiatiser, d’autres préfèrent rester plus sobres.

Le film a triomphé à Berlin grâce aussi à ses acteurs

François Ozon impressionne de maîtrise , avec un film efficace, sobre, complet. Le scénario a le mérite d’exposer l’universalité du sujet, montrant des victimes de tous niveaux sociaux….mais les mêmes réactions de la famille. Si vous êtes intéressé par la systémie, vous savez que c’est une réaction naturelle de rejeter les lanceurs d’alerte : le système veut se protéger du changement , quitte à basculer dans l’absurde. Personne n’aime reconnaître qu’il s’est trompé. Cela remet trop de choses en question.

L’Ours d’Argent est largement mérité pour ce film.

Peut-être le film de l’année.

Les salles combles démontrent de l’intérêt indéniable suscité par ce thème atroce des abus sexuels pédophiles. Il me semble aussi intéressant de rappeler que les hommes aussi sont victimes de violences sexuelles, ce n’est pas qu’un sujet féminin. Tout le monde est concerné par la lutte contre la pédophilie, les violences sexuelles quelles qu’elles soient. Aller voir ce film, c’est aussi répondre à une Eglise qui a voulu jusqu’au bout empêcher ce film de sortir ( tellement illusoire) .

A guetter également sur Arte le 5 mars à 20h50 , un documentaire sur les abus sexuels sur les religieuses, le prochain scandale du Vatican. 3 ans d’enquête ont été nécessaires, avec des témoignages du monde entier. Absolument scandaleux. Cliquer ici pour en savoir plus ( interview des documentaristes)

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