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CINE – PSY – Deux fils, des hommes en herbe

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Deux Fils est un film qui paraîtra mineur au regard de l’avalanche de films à Oscars qui sortent ces temps -ci. Tranche de vie d’une famille de paumés, d’un père et ses deux fils, il pourrait paraître un énième film sans dramaturgie , pseudo bobo intello.

Qui est le père, qui est le fils ?

Néanmoins, il y a des pépites dans cette tranche de lose  surtout si la psychologie vous intéresse.

La famille Zuccarelli semble être une famille parisienne bourgeoise normale, en fait composée de trois mecs paumés un peu beaucoup  à la dérive.. Tout d’abord le père, (Poolevorde) , un médecin quinqua qui a (très) mal digéré la mort de son frère Jean, et qui veut devenir écrivain pour exorciser ses démons. Il a arrêté son cabinet en cachette de ses fils,  pour se consacrer à son manuscrit…une chimère.

Il y a aussi ses deux fils qui vivent avec lui et supportent le poids de ses tendances dépressives, de son absence émotionnelle. Le grand ( Vincent Lacoste, récemment vu dans Première Année en élève de médecine) n’arrive pas à faire sa thèse de psychiatrie, il tourne en rond, toujours nostalgique de son ex- copine, qui l’a largué il y a aussi deux ans. L’abandon des femmes, voilà une blessure qui hante le film… tout en étant fort peu évoquée directement.

Seuls, face au monde

Et puis il y a le petit, un jeune de 13 ans , collégien, le plus raisonnable de tous, qui tente de mener une vie normale d’ado de son âge. Il étudie même le latin avec la seule femme du film ( Anaïs Demoustier) …

Sauf que ce trio passe son temps à se sauver mutuellement, à se protéger mutuellement, puis à regaffer pour être sauvés. Les fils protègent leur papa, un grand immature écorché vif, débordé de chagrin. Le grand fils passe son temps à faire la maman …une maman qui justement est bien absente. « On croit deviner » que c’est Noemie Lvovsky qui apparait 2 minutes , en femme énamourée d’un compagnon qui l’obsède. Le scénario ou le montage ont en tous les cas raté l’apparition de la mère. Nulle part n’en voit on une clairement désignée.

Le film alterne les scènes de poursuites, de disputes, de dépression, de mises au point, de gaffes gamines, d’actes manqués révélateurs . Tout ce beau monde tourne en rond, fume, boit. Même le plus jeune finit par s’y mettre. Pas du tout un film Loi Evin.  On se dit aussi que ce beau monde , qui vit près du Jardin du Luxembourg, a vraiment des soucis de riches, jamais de soucis d’argent, le budget clopes et alcool ne semble pas limité, même si le père ne bosse plus depuis deux ans ( mais loue son cabinet à un confrère). C’est pas un film de gilets jaunes .

Et puis on comprend que cette incapacité d’avancer vient d’une douleur immense non digérée, une douleur salutairement révélée par le père en fin de film.  Et on réalise que le film évoque très intelligemment ces situations que nous voyons si souvent : des jeunes et moins jeunes paralysés par la vie, incapables de constuire quelque chose, sans désir d’avancer. Un phénomène en recrudescence.

Le père se doit d’assurer, mais il est au bord de l’implosion

Ce film plutôt descriptif me semble finalement une très bonne pub pour psychothérapeutes. Réaliste, il fait réfléchir et  regorge de cas cliniques  pertinents si vous vous intéressez à la psy familiale. L’absence des femmes, des mères est frappante également. Ces trois garçons sont à la dérive, errant dans leur masculinité, leur lose. Les rares femmes sont à la périphérie, figurantes et spectatrices impuissantes.

Pour un public novice qui regarderait au premier degré, à moins d’être fan du genre, de Vincent Lacoste ou de Poolevorde, ce film en chronique douce -amère risquerait d ‘ennuyer un tantinet et de paraître assez vain et répétitif .

 

NB- Si vous vous sentez concerné par ce type de problématique, de vie qui n’avance pas, d’incapacité à avancer, à construire, c’est le moment de chercher l’écoute d’un professionnel. Il va vous aider à vous découvrir vraiment.  L’absence émotionnelle , un deuil mal digéré, des traumas même au niveau de vos parents, oncles, tantes, grand-parents , peuvent vous affecter par systémie familiale. La douleur, le chagrin, cela se transmet et pas que par le foetus, par les paroles, le silence, le secret aussi. 

 

 

 

 

 

 

 

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