L'effet colibri, the hummingbird effect

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CINE- Fai bei sogni, Fais de beaux rêves

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Mieux vaut tard que jamais. Dans l avion, j ai eu l opportunité de voir Fai Bei Sogni ( Fais de beaux rêves) , un remarquable film italien de 2016 de Marco Bellochio.

Il adapte au cinéma le livre autobiographique de Massimo Gramellini, dont l histoire d enfance émouvante fait réfléchir. Douleur de la perte, cancer du secret de famille, tabou du deuil, carence d affection, impact du traumatisme , autant de thèmes traités avec pudeur, sobriété et intelligence par les auteurs et un casting brillant.

Quel adulte devient -on quand on a perdu sa fusionnelle maman tout petit et que personne n a le courage de vous dire ce qui s est passé .

Ce choc qui aura anéanti de chagrin toute la famille du petit Massimo au point de ne pouvoir lui en parler sans pleurer est le point de départ du film.

S’ensuivent des années d errance émotionnelle, où le petit croit devenir fou avec cette maman qui a disparu brutalement une nuit d avant Noël.

Son papa, un homme bourru, n est pas doué pour les sentiments et ne sait pas verbaliser. Par chance, il est fan de la Juventus de Turin, ce qui permettra au petit de trouver enfin un terrain de jeu mental.

Le film évoque très bien ce blackout émotionnel d un enfant à qui on ne dit rien. Il croit devenir fou.

La subtilité et le réalisme des anecdotes est particulièrement bouleversant. Parce que sans larmoiement hollywoodien.

On dit les Italiens très expressifs émotionnellement. Mais là, face au trauma absolu et intime de la perte, le silence est soudain de plomb.

Nous spectateurs sentons peu ou prou ce qui s est passé quant à la mort de la.maman mais le film sait ménager le suspense quant aux motivations de la mere jusqu a la fin. D ailleurs, le jeune Massimo et meme l adulte doit composer avec diverses versions allant de Maman est a l hopital à Maman a eu une crise cardiaque foudroyante. Nous aussi sommes bringuebalés dans ce brouillard noir.

Massimo grandit, enterre sa peine sous le travail…mais il ne parvient pas à se réaliser en tant qu homme dans sa vie perso. Quelque chose le hante.

Il finit par faire une crise de panique. Une jeune médecin va le remettre sur les rails de sa psyche et l inciter à entamer une recherche de la verite qui pourra guerir son enfant interieur.

Massimo est journaliste de sport mais se retrouve par la suite grand reporter de guerre.

Le film appuie un peu sur les symbolismes de certains événements mais il est à parier que voir certains drames similaires au sien auront plus marqué Massimo que le commun des mortels. Comme si l Univers lui criait la vérité.

Bellochio réussit une oeuvre sensible, sans grandiloquence tout en maintenant humour et ironie.

Les acteurs sont remarquables à commencer par Valerio Mastandrea qui trouve le ton juste. Berenice Bejo, presentee a tort comme actrice principale du film n apparait qu en 2e partie.

Emmanuelle Devos fait aussi une apparition remarquée en mamma envahissante et charnelle. On voit dans son jeu de grande dame un coté Deneuve.

Contrairement aux critiques que j ai pu lire comme quoi la fin n était pas assez aboutie, la fin me parait au contraire logique , réaliste et juste. La vie reste un cheminement dont les blessures ne se referment qu avec le temps et la prise de conscience. Le film évoque d ailleurs la colère que cela provoque chez ceux qui se sentent bafoués par le silence de ceux qui savaient et qui n’ont pas parlé.

Massimo Gramellini

J espère que ce film inspirera ceux qui ont vécu pareilles douleurs et mystères et leur donnera envie d aller chercher les réponses.

Et que cela fera réfléchir les familles qui croient protéger leurs enfants en leur cachant les choses. En vain.

Je connais le cas d une famille où les parents n osaient pas dire à leurs 2 fils que leur grand mère était décédée ( d un AvC foudroyant). Mes parents s étaient insurges à l époque contre cette cachotterie.

Je connais aussi une dame dont la petite soeur est morte quand elle avait 5 ans. Ses parents, anéantis de chagrin, n’eurent pas le courage de lui dire que sa petite soeur était partie d’une maladie foudroyante. Elle garda pendant deux ans des chocolats dans ses poches pour les  » donner à sa soeur quand elle reviendrait de l’hôpital.  » Le chagrin de cette trahison s est apaisé mais est toujours là 70 ans après.

Les secrets de famille ne sont pas bons à taire trop longtemps et cet excellent film nous le rappelle.

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