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TV- PEOPLE- King Charles III, la monarchie-fiction qui décoiffe

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La monarchie-fiction, voilà un genre qu’on voit rarement à la télé. En France, on n’ose que rarement parler des dirigeants d’un pays de leur vivant. On se souvient de l’excellent film La Conquête sur l’ascension de Sarkozy. 

Wills et Kate laisseront ils Charles régner ?

Les Britanniques, eux, n’ont peur de rien. Ils aiment tellement les fictions sur la monarchie qu’ils ont carrément créé une fiction d’anticipation avec les vrais personnes de la Famille Royale…enfin, avec leurs noms mais des personnes forcément « interprétées ».

Dans cette fiction , la reine Elisabeth II est décédée et Charles s’apprête à reprendre la Couronne. Mais tout n’est pas si simple ! Il fallait oser. La chaîne BBC2 l’a faite…. Camilla qui donne des baffes, Diana hantant Buckingham, Harry déprimé, Kate machiavélique, une fiction tres serieuse qui décoiffe.

Bien sûr, le scandale fut au rendez-vous quand BBC décida d’adapter la pièce primée de Mike Bartlett en téléfilm. Le PDG de la BBC est un Lord tout de même. Si une partie du public est révulsée et vent debout, les critiques d’art sont davantage fascinés par la qualité de la dramaturgie et la qualité des acteurs. Personne n’aimerait voir un programme de fiction reprendre sa personne et en faire un être de fiction dont la destinée , les faits et les gestes sont le fruit de l’imagination d’un tiers.

Shakespeare avait initié le mouvement en écrivant des pièces sur les monarques anglais mais de l ancien temps.   Le Roi Arthur, Richard Coeur de Lion sont des personnages mythiques connus dans le monde entier grâce notamment… à Disney. Plus récemment, on a eu des séries comme Victoria ou The Crown qui ont fait un tabac.

La tentation était trop forte de  parler de la famille royale actuelle en projetant son avenir.  On sort du biopic pour basculer dans l’anticipation. Le biopic peut devenir rapidement ridicule et désuet  : le biopic sur Diana avec Naomi Watts avait fait un énorme flop car mièvre. Pourtant il évoquait la vraie liaison de Diana avec le Dr pakistanais Khan, une histoire assez peu connue du public. Le biopic sur Grace Kelly avait aussi fait un flop avec Kidman botoxee de partout. Dangereux de faire de la presse people au cinema. 

Cette fois, le téléfilm King Charles III  vient d’une pièce dramatique de 2014 qui a fait ses preuves de Londres à Broadway avec un Tony Award ( Molière américain) et un Olivier Award en 2015 ( Molière anglais)  à son actif. C’est le dramaturge lui-même , Mike Bartlett, qui a adapté sa pièce pour la télévision, lui donnant ainsi un cadre plus authentique, des palais royaux à Westminster Abbey.

Hélas, nous ne pouvons accéder au replay du Continent, car la BBC a restreint les accès au UK. On peut en revanche regarder des extraits vidéos sur le site.

Un casting top niveau

Le pitch annoncé par la BBC est le suivant:

Le prince Charles a attendu toute sa vie pour accéder au trône. A la mort de sa mère, il est immédiatement confronté à un dilemme de conscience quant à une loi qu’il ne peut se résoudre à signer. Son hésitation déclenche une crise politique et constitutionnelle. William et Kate s’inquiètent que ses agissements menacent leur futur royal. Pendant ce temps, Harry, malheureux, entame une liaison avec une roturière républicaine…

La presse est aux aguets, les gens descendent dans la rue, les Windsor sont pris au dépourvu. Charles doit prendre le taureau par les cornes et résoudre sa crise d’identité, afin de décider si la Couronne a encore un pouvoir au 21e siècle. 

A la surface,  on ne peut qu’être épaté par l’audace de la dramaturgie:  baffe de Camilla,  fantôme de Diana hantant les couloirs de Buckingham Palace, Harry en amour avec une femme noire d’origine modeste ( la pièce date de 2014 cependant et ne s’inspire pas de Meghan Markle, mais peut être de Nicole Coste)  et Kate en femme intrigante voire calculatrice ….

J’ai lu qu’une source bien informée confirmait que Kate n’est pas un tendre agneau obéissant , mais une femme déterminée à être une First Lady et non une épouse consort. Pour l’instant, on n ‘a rien vu de tel . Je suppose que Kate pense à Michelle et non à Melania ou Laura. 

Les critiques trouvent le téléfilm tout à fait louable car il évoque bien les affres du pouvoir , de l’identité royale, les intrications familiales ( avec le souvenir de Diana qui hante Charles et ses fils) . On y voit Harry désabusé, se surnommant   » une blague de rouquin » , rêvant d’une vie normale avec  » un job normal , une maison et une voiture », bref,  « descendant dans la masse ».

La copine de Harry rappelle Nicole Coste

Les extraits vidéos montrent que les acteurs se sont bien inspirés des vraies personnes, parlant comme elles , avec cet accent RP ( accent standard anglais pratiqué par la Reine et Charles)  pour Kate, ou l’accent plus popu de Harry, et celui plus  » Estuaire  » de William. Les historiens ont relevé néanmoins des  erreurs techniques sur la cérémonie de couronnement ou des détails de la vie des Windsor.

  • ils ne se font pas servir le petit-déjeuner, ils se servent eux-même ( hé si) 
  • Harry et William disent  » Papa » et non  » Dad »

On ne sait ce qu’en ont pensé les intéressés, mais cette création fait le buzz. On sait que le portrait de Kate en intrigante ambitieuse a choqué une partie du public. On la voit intriguer avec William pour tenter un  » coup » dans le dos de Charles. Limite diffamatoire. 

L’actrice ressemble à Rania de Jordanie.  Certains ont comparé son personnage de Kate à la machiavélique Lady McBeth, rien que cela.

Kate et le Premier Ministre

Les Middletons ont toujours alimenté ce fantasme ( chez certains) de  » parvenus middle -class qui s’incrustent dans la royauté », William étant surnommé par certains perfides  » Bill Middleton ».

Kate doit être furieuse d’avoir été montrée comme une Lady Mc Beth.

Globalement, les critiques sont très positives ; ils comparent cette fiction à House of Cards. Chapeau à l’auteur Mike Bartlett qui regorge d’imagination. Né  en 1980 à Oxford, il a étudié à Leeds.  Il a  remporté un Olivier Award pour la pièce King Charles III en 2015. Un vrai prodige.

On attend de voir si King Charles III  sera diffusé sur Arte un de ces jours.

L’oxfordien Mike Bartlett n’ a que 37 ans et un beau palmarès de dramaturge.

 

 

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