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CINE – Elle, thriller psy du malsain

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Paul Verhoeven, le célèbre réalisateur néerlandais émigré à Hollyywood,  reste connu pour sa série de succès commerciaux bling bling des années 90 Robocop, Total Recall, Basic Instinct avant de chuter sur l’excessif Showgirls.

Il est revenu à Cannes avec succès dans un film français surprenant, un thriller adapté par David Birke, du roman de Dijan  » Oh… »

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Le titre est devenu « Elle« . Un thriller psychologique qu’on a presque envie de qualifier de thriller psychanalytique.

Aux commandes, Isabelle Huppert, notre vraie actrice numéro un française.

Je pensais voir un film centré sur Isabelle Huppert en femme traumatisée introvertie, et finalement c’est Isabelle Huppert dans son rôle de prédilection de femme absente émotionnellement, autoritaire, froide, qu’on a de nouveau. Verhoeven ne voulait qu’elle pour ce rôle. De toutes façons, il parait qu’aucune actrice n’avait envie d’incarner ce personnage dur, fragile, victime  et tellement paradoxal.

La première scène surprend. Je vous la laisse découvrir. je ne m’attendais pas à ce que la narration démarre par un noeud dramatique majeur directement. Cela rappelle la technique de certains films d’action tels que Speed.

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Isabelle Huppert incarne une présidente de société de jeux vidéos violents.  Elle la co-dirige avec Anne Consigny, empathique, charismatique mais vraiment dommage qu’elle soit si osseuse.

Comme par hasard, son monde oscille en virtuel et imaginaire, entre réalité subie et réalité contrôlée. Le sexe et la domination sont les fils conducteurs dans ce film où tout le monde veut dominer quelqu’un.

Un film qui dégage une impression tenace de malsain.

Isabelle Huppert vit dans une maison bourgeoise, toute seule. Elle s’y fait violer par un inconnu mais ne le dénonce pas car elle est traumatisée par la police. Son père psychopathe et elle ont été au centre d’un fait divers sordide de meurtres en série.

Le film nous décrit alors son écosystème relationnel de Huppert .  Il y a les relations houleuses avec ses parents; la maman qui a un gigolo et le papa en prison qu’elle refuse de voir.

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Huppert, une patronne détestée et tyrannique

Il y a aussi le fiston, un garçon immature, paumé ,  soumis à une petite amie agressive, enceinte. Et l’ex-mari, Charles Berling, un écrivain narcissique enfantin qui essaie d’être un homme fiable.

Et aussi les voisins, un couple hybride entre un trader sympa ( Lafitte)  et sa femme catho-tradi ( Efira  à contre-emploi). Entre nous, on a du mal à croire que Lafitte est trader, il ne semble pas faire de longues heures.

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Charles Berling

Pendant deux heures, on subit le climat oppressant qui va crescendo. Le film nous fait basculer dans diverses atmosphères narratives au fur et à mesure. Cela rend le film un peu interminable, mais finalement, on reste pour en savoir plus.

Difficile de raconter l’histoire tant elle est vénéneuse et intriquée.  Tout le monde se sert de tout le monde. Aucune relation du personnage central n’en ressort indemne, car il aime manipuler, jouer, chasser pour mieux dompter sa vulnérabilité.

La fin tient ses promesses même si l’acte 3 est bien bizarre. Pour moi, ce n’est pas plausible que Huppert finisse par savoir qui est son violeur et noue avec lui une relation sadomaso à double visage qui rappelle les affaires DSK.

Mais on marche, car les acteurs sont tous excellents et crédibles, la réalisation en nous laisse pas trop le temps de gamberger. Verhoeven n’y va pas dans la dentelle, et on reconnait là son instinct du gore.

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Une vraie réussite  pour Verhoeven. Il prend le temps de nous expliquer qui est le personnage central.  Le traumatisme de la violence, du viol, les limites avec l’amour violent sont évoquées ici de façon assez transgressive…ce qui nous rend tout cela malsain et fascinant à la fois.

On ressort du film, dérangé, troublé et assez ahuri par tout ce malsain. Le sadomasochisme du personnage central très bien cerné  nous rend fascinant l’histoire.

Un film tout en clair obscur. A voir comme un thriller psy surprenant, original. Certains ont évoqué ce film pour la Palme d’Or et Huppert pour le Prix d’Interprétation ( qu’elle a déjà gagné dans sa jeunesse pour Violette Nozières ( où elle jouait une faiseuse d’anges)).

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Huppert est lumineuse, experte de ce type de rôles de femmes froides, dominatrices maso. Elle se donne physiquement comme peu d’actrices sauraient le faire.

Petit coup de chapeau à Judith Magre qui ose affirmer dans le film avoir recours au Botox. En effet, c’est assez visible sur son visage… J’imagine mal une actrice comme Demi Moore ou Jane Fonda le reconnaître dans un film.

On aimerait presque demander à un psychanalyste d’analyser ce film, tant il y a de symboles.

Elle rappelle le film Gone Girl avec la glaçante Rosamund Pike. Je l’aurais bien vue dans ce rôle si elle avait eu 15 ans de plus.

Tout comme dans Gone Girl; on a une atmosphère changeante qui crée le malaise, chaque personnage principal peut s’avérer victime comme bourreau.

gone-girl-Rosamund_Pike

 

Cine- Gone Girl

 

 

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Une réflexion sur “CINE – Elle, thriller psy du malsain

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