L'effet colibri, the hummingbird effect

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CINE- Demolition, histoire d’une reconquête intérieure

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Selon Carl Jung, pour révéler son masculin, un homme doit intégrer son féminin, c’est ce que Demolition nous raconte.

Un beau film original et inattendu qui évoque avec humour et ironie la sensibilité masculine à travers l’histoire d’un banquier veuf ( Jake Gyllenhaal) , qui ne s’était jamais posé de questions sur lui-même et sa relation aux autres.

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Ce banquier machine de guerre autocentré  voit sa vie basculer au décès accidentel de son épouse qu’il n’aimait « plus ». Incapable d’exprimer le malaise qui l’a envahi, il sombre dans une dépression larvée , qui le mène néanmoins à se défouler par lettre sur une société de distributeurs automatiques. Contre toute attente, une femme répond ( Naomi Watts) .

En sympathisant avec elle et son fils, en osant challenger ses modes de vie et de travail,  ce banquier va effectuer une étonnante reconquête  intérieure de son féminin, un voyage libérateur et salvateur.

Pour révéler son masculin, un homme doit intégrer son féminin, c’est ce que Demolition nous raconte dans un film de 1H39 . Un scénario riche en événements et en images chocs.

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Davis Mitchell est devenu banquier presque par hasard

Jake Gyllenhaal réalise ici une très belle performance de caméléon aussi animale qu’intello, le genre de prestation que seul lui et Jared Leto savent réaliser.

De banquier égocentrique drogué de travail à homme accompli et ouvert émotionnellement, Jake nous gratifie d’une palette d’émotions assez impressionnante, jouant de son corps, de son visage, des ses regards expressifs.

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Davis Mitchell libère son corps

La séquence où il danse dans les rues et sur des plots, est superbement bien filmée, jouée et montée, un moment culte du film.

Jake( Davis Mitchell)  est aussi très bien accompagné par un casting secondaire excellente, notamment Naomi Watts ( Karen Moreno) ainsi que le jeune acteur qui incarne le fils de Naomi.

Naomi sait se faire délicate , rude et bohème à la fois. Sa sensibilité lumineuse est bienvenue pour donner corps à cette femme sensible et  attachante, spontanée et cool à sa façon. Son fils a hérité de son côté bohème et libéral. Les intéractions entre lui et Davis Mitchell sont tout à fait savoureuses tant elles sont drôles et authentiques.

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Le jeu est parfaitement mené par Jake Gyllenhaal, acteur chevronné, qui sait clairement où il nous mène et comment. Son charisme et son expérience sont de véritables atouts pour le film. Le charme des acteurs compensent parfois les excès de la réalisation un peu trop abrupte. Les scènes de démolition sont parfois un peu trop poussées , même si on comprend que c’est une façon de montrer la frénésié systémique de l’esprit masculin jusqu’au boutiste du héros.

Obsessionnel, cartésien , Davis suit à la lettre le conseil de son beau-père ( un milliardaire plutôt sympathique même si conformiste)  qui lui dit que pour réparer le cœur des hommes, « il faut tout démonter, tout examiner avant de tout remonter ». 

Shiva est le dieu hindou de la destruction créatrice, eh bien, Demolition entend user de métaphores shivaesques autour de ce thème pour nous expliquer que Jake se cherche déséspérément, démontant chaque machine qui tombe sur son chemin. Eliminer, purger, faire le vide, Jake cherche à se débarrasser de toutes ces machines qui cachent leurs rouages sous des coques ou des parois.

Film anti -matérialiste, Demolition nous en donne « pour notre argent ». Je vous laisse voir par vous même.

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L’intrigue est elle même très  bien structurée dramaturgiquement avec ses rebondissements réguliers, ses retournements surprises.  Jake-Davis ira de surprise en surprise et ce sera libérateur pour lui. N’éprouve t il réellement plus rien pour son épouse au moment où elle décède ?

Certains critiques disent que ce film sur le deuil est confus. Pour moi, il ne s’agit pas d’un film sur le deuil mais un film sur la psyché masculine et sa gestion des émotions.  Le deuil au début du film sert de prétexte pour déclencher et nourrir l’argumentation narrative sur un sujet fort et vital qui ne souffre aucune contradiction ou procrastination.

La symbolique de démolition, c’est l’homme qui casse tout ce qui est extérieur ( le yang)  pour essayer de revenir au yin, à l’intérieur.

Allez jeter un oeil à ce film et vous verrez par vous même qu’il est profond et léger à la fois, émouvant et drôle en même temps.

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