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CINE- Célibataire, mode d’emploi , trash mais pas si Rebel que cela

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« Célibataire, mode d’emploi » ou « How to be Single », c’est la comédie trash à voir pour se dérider en ce mois post-Saint Valentin.

Pas trop le moral, envie de rigolade en ce début de printemps (du cinéma) ? Voici le film qu’il vous faut, que vous soyez célib homme ou femme. 

Même si l’affiche semble dédiée aux célib filles, les célib hommes ont bien leur place dans ce film réalisé avec talent par Christian Ditter, produit par Drew Barrymore. On y retrouve une pléiade de vedettes telles que Rebel Wilson, en duo avec  Dakota Johnsonn.

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Rebel Wilson mène la danse, pas raffinée mais elle a de l’abattage

Vous connaissez Drew, ce n’est pas son style de produire des films sans une certaine parité et un esprit potache.

Sous des airs légers et trashy , ce film traite avec humour des travers des célibataires, et chacun en prend pour son grade.

Mais ce film est il aussi juste et féministe qu’il n’en a l’air ? A voir.

How to be single, titre original du film, suit la vie de quelques célibataires de la Grosse Pomme, réputée la dating scene la plus difficile du monde. Le monde entier est au courant depuis Sex and the City, une histoire née dans l’esprit de la romancière Candace Bushnell.

Le filon marche si bien que d’autres s’y sont engouffrées, telles Liz Tuccillo.

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Un roman de célib à NYC, cela ne pouvait que finir en film de cinéma.

Dans le rôle de la candide, voici Alice, jouée par Dakota Johnson, fille de Mélanie Griffith et de Don Johnson, qui débarque dans Manhattan pour bosser dans un cabinet d’avocats et essayer de vivre seule, c’est à dire sans son petit ami rencontré en fac. On n’a pas vraiment l’impression qu’ils tiennent l »un à l’autre vu la vitesse à laquelle ils s’accordent pour une « pause célib ». Les sentiments sont assez superficiels dans ce film qui montre moultes galipettes.

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Alice-Dakota tombe sur Robin, alias Rebel Wilson, un phénomène de la nature: une grosse blonde alcoolo et nympho totalement déchaînée  ( sorry pour ces adjectifs peu flatteurs ). Rebel est une actrice de standup australienne très connue aux USA et dans son pays natal. Tout comme Melissa Mac Carthy, on lui confie le rôle de la grosse ingrate trashy de service.

Drew Barrymore a beau produire ce film et défendre le girl power: difficile de trouver ceci très féministe ou flatteur. Si c’est pour nous dire qu’une femme même grasse, vulgaire et trash et même pas vraiment jolie peut quand même se taper des mecs , s’éclater en boîte et être appréciée,  le message reste quand même bien caricatural pour les blondes et les rondes. Robin est surtout une truie nympho alcoolo. Son côté blagueur et hâbleur est surtout grossier et vulgaire. On a déjà vu ce genre de personnage joué par des hommes tels Jack Black dans High Fidelity, bon, disons ici qu’on a pris une femme pour la parité.  OK.

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Mais force est de constater que ce personnage de femme grotesque amuse,  et nous entraîne avec le personnage principal ( Dakota) dans un tourbillon de soirées arrosées de drague effrenée, où on s’étourdit dans la cohue pour mieux oublier sa solitude honteuse. On nous le dit en voix off, mais on oublie vite pour suivre les péripéties quasi absurdes des personnages. C’est jubilatoirement drôle car pas vraisemblable du tout. Très bande dessinée par moments mais percutant, et on rit devant tant d’insolence grotesque.

Bienvenue dans le monde du consumérisme charnel et alcoolique.

Un autre cliché, c’est la scène du sauna où Robin charrie Alice sur un certain aspect de la beauté féminine. On rit mais cela renvoie quand même à un diktat aliénant de la beauté féminine. Pas très femme libérée tout cela même si on rit de bon coeur.

Heureusement que la finesse de la réalisation , du stylisme ( images, décors et costumes élégants)  et du jeu des acteurs parviennent à faire passer bien des choses qui auraient pu être totalement vulgaires et repoussantes.

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Outre son duo avec Robin, Dakota a aussi une soeur, la neurotique Leslie Mann qui incarne une médecin sage-femme , aussi spéciale qu’Ally Mc Beal mais en moins sympa, et en plus crispante voire rebutante ( souvenez vous de Ling qui était incarnée par Lucy Liu) .  Il en faut du courage à son soupirant, Ken ( Jack Lacy, une crème ) , pour se cramponner. Ces scènes ne sont pas les plus marrantes, trop insistantes et crispantes. Leslie Mann les assène de façon un peu trop appuyée pour moi, cela en devient horripilant et longuet.

Autre bémol du film, son côté conte de fées de cinéma. Les personnages craquent l’un pour l’autre toujours le 1er soir, que dire, au 1er verre. Le script ne s’embarrasse vraiment pas de manières.

(L-R) Leslie Mann as Meg and Jake Lacy as Ken in ``How to Be Single.’’

Malgré tout, je vous rassure, les dialogues sont excellents et  valent le détour ( ils rappellent l’insolent trashy Deadpool) ,  les psychologies des personnages sont bien reflétées par leurs paroles et leurs actes.

Sauf hélas pour Rebel Wilson (alias Robin), qui reste en ébauche. Une grosse ne peut-elle pas intéresser le public ou avoir de vie sentimentale réelle ?  D’où ma critique plus haut. Vu ce vernis d’ excès alcoolisés et sexuels, c’est elle que j’aurais voulu découvrir davantage. Que se cache t il sous cette carapace ? Dans la suite du film peut être ?

Parmi les séquences amusantes, on retient un gars qui dit qu’il vaut mieux rompre entre Noël et Martin Luther King Day car ainsi on est libre avant la St Valentin. Ou encore cet autre homme, Tom le barman queutard,  qui n’a pas de verres ni d’eau pour que ses conquêtes d’un soir se barrent le plus vite possible.

La réalisation est rythmée et tient ses promesses. Les soirées et les fêtes sont très bien filmées. Une belle harmonie entre chef opérateur, réalisateur, directeur de la photo et décorateurs.

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Tom, le barman queutard

Le personnage du barman queutard dénommé Tom est aussi drôle que véridique même s’il est peu plausible qu’il ait le temps de danser avec ses clientes. Tom se retrouve face à une conteuse pour enfants neurotique , Lucy ( Alison Brie) ,  personnage très bien dessiné, tout comme son futur fiancé.

Les personnages prennent conscience petit à petit que leur vie est une fuite en avant. Ils ont clairement tous besoin d’un psy, d’un nutritionniste et d’un addictologue. L’alcool est de toutes les scènes, sous toutes les formes de bouteilles.  Bravo pour le placement de produits. Assez pathétique au final. Le champagne  et la vodka semblent être l’autre star du film. Sûrement parce que fumer eut été inconvenant ? Ah, les USA…

Une autre marque très présente est celle dont le logo est une pomme. New York sûrement…

Dakota Johnsonn ( alias Alice) tombe sur une galerie d’hommes attachants mais pourvus de zones d’ombre diverses. On note qu’un de ses amis, un promoteur noir millionnaire est le seul à ne pas avoir de scène de sexe explicite, comme si montrer un duo mixte à l’écran s’embrassant c’était déjà énorme.  Aux USA, un couple de cinéma blanc-noir , c’est déjà « grave ». D’habitude, on met une actrice latina ( Eva Mendes avec Will Smith dans Hitch)

Mais bon, c’est déjà un effort de fait. On sent qu’il y a des intentions d »ouverture.

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Les hésitations de Dakota et de son ex sont bien cernées et évoquées. Dakota est une actrice parfaite pour les rôles de candides, avec son air de chiot innocent et un visage finalement suffisamment ordinaire pour incarner Mademoiselle Tout le monde.

J’aime beaucoup le procédé récurrent du réalisateur qui nous montre les personnages faisant leur discours officiel puis sortir du champ, et nous sommes les seuls à voir leur visage ravagé de douleur secrète. Un autre parti pris intelligent est le choix de gros plans sur le visage des acteurs, qui donne une force émotionnelle bienvenue.

On pressent qu’une suite va s’imposer. Le dernier acte laisse des points en suspens, notamment sur l’histoire de la fameuse grosse blonde, Robin, qui s’avère bien plus intrigante qu »il n’y paraît. Est ce une volonté délibérée ou un montage tronqué faute de temps filmique ? Mystère.

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En tous les cas, on passe un vrai bon moment, on rit gras très souvent, on est agréablement surpris par les trouvailles scénaristiques, les idées de réalisation, les dialogues percutants et le rythme qui vous emportent au bout du film sans efforts. On aurait aimé un trait moins outrancier , mais ce parti pris proche de la farce s’avère très  divertissant au final.

On aimerait aussi un peu plus d’émotions et de profondeur dans le propos, et  moins de superficialité, mais ce n’est jamais très évident de doser ce type de choses avec autant de personnages en action. La légèreté trash des personnages laisse à supposer des abysses de mal-être, masqués par beaucoup d’alcool , de sexe et d’humour à l’américaine ( euphémisme, litotes et antiphrases bien vernies ) .

Le film revendique néanmoins un hymne à une certaine liberté féminine, le droit de ne pas se laisser aliéner par la pression sociale de se caser  à tout prix. Le message n’est pas sans rappeler  NY Melody, Begin Again avec Keira Knightley en jeune candide qui cherche une autonomie d’artiste professionnelle et indépendante en dehors de la notion du  couple qu’elle forme avec Adam Levine. 

Pour avoir une idée, regardez la bande-annonce, le film correspond bien à ce que vous verrez.

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Cliquez sur l’image pour accéder à la bande annonce en VOST française.

 

Blog-  New York Melody, Begin again, avec Keira en chanteuse folk et Mark Ruffalo en producteur sur le retour

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