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CINE – Spotlight, le choc

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Biopic d’investigation censé nous ramener au temps des » Hommes du Président », Spotlight nous embarque dans les coulisses sordides des investigations de journalistes du Boston Globe sur les abus pédophiles de curés de la ville.

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Confrontés à l’omerta et aux préjugés emplis de déni des notables de la ville, tous sous l’emprise de l’influence de l’Eglise bostonienne, les journalistes du magazine Spotlight réussiront néanmoins à lever le voile sur un scandale sans précédent qui éclata en 2002.

Spotlight pourrait passer pour un biopic un peu années 80, à la chronologie linéaire et aux récits verbaux manquant parfois d’illustration , bref, manquant de cinégénie moderne. Néanmoins, la force du sujet est telle, que l’on passera volontiers sur le classicisme de la forme pour s’intéresser au contenu.

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L’équipe reçut un Prix Pulitzer en 2003

Remarquablement servi par un casting de stars, le film nous emporte dans les affres d’une enquête qui prit 6 mois à 4 reporters pour lever l’omerta sur les prédations pédo de plusieurs dizaines de prêtres de Boston, ville profondément catholique, bastion des Irlandais des USA.

Quand on pense Boston, on repense parfois Ally Mc Beal et à ses comparses mais là , on est dans la vraie vie, et on pensera plutôt au Cardinal Law, vénérable leader moral local ,  qui a protégé des dizaines de criminels pédophiles qu’il envoyait en  » centre de traitement » puis de paroisse en paroisse, quitte à étouffer les victimes avec quelques menues compensations.

Ce manège dura des décennies, puisque l’un d’eux, le père  Gheogan , fut identifié pédo dès 1962 alors que le scandale n’éclata qu’en 2002 . Les reporters , tout comme le reste des élites de la ville étaient sous l’emprise d’un déni d’une profondeur infinie .

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Marty Baron, l’outsider juif venu de Miami, va mettre un coup de laser dans la fourmilière

Le film suit les équipes du Boston Globe, confrontés à divers obstacles et pressions.  Que ce soit le directeur Marty Baron ( Liev Schreiber, Monsieur Naomi Watts) , ou les reporters de la base , tout le monde subit des pressions. On sent que la religion est importante dans cette ville catho bien pensante. Marty Baron, nouveau patron juif du journal, arrive à point nommé avec un point de vue frais. Lui n’a aucune attache à Boston, et il raisonne performance et journalisme.

Il demande à Micheal Keaton- Robby , rédacteur en chef du magazine d’investigation Spotlight, d’enquêter sur les affaires étouffées de pédophilie à Boston. Ceci va s’avérer une pelote de laine infinie, les curés pédo s’alignant comme des chapelets de perles.

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Keaton et le vrai Robinson, alias Robby

On découvre avec horreur que 6% des prêtres seraient pédo en moyenne, ce qui fait 90 rien qu’à Boston.  Après vérification, les reporters découvrent avec stupeur que les stats citées par le psy spécialisé en violeurs religieux, Richard Sipe,  sont véridiques.

« Certainement, j’ai batifolé.  Mais je n’ai jamais violé personne et je n’ai jamais ressenti de gratification moi-même » ( Père Paquin, agresseur d’enfants en 1989)

Mark Ruffalo incarne Mick Rezendes avec brio. Méconnaissable en trentenaire, le quinqua nous surprend par sa transformation. Il est loin de ses rôles habituels. Stanley Tucci est impeccable dans le rôle d’un avocat arménien spécialisé dans les cas de victimes de pédos.

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Mark Ruffalo, excellent dans le rôle de Rezendes

Rachel Mc Adams apporte une touche féminine bienvenue, sensible,  à l’écoute des victimes.

Les témoignages sont suffisamment poignants verbalement pour se passer d’illustrations flashbacks. Personnellement, j’eus préféré quelques flashbacks qui auraient ajouté plus de réalisme. Mais on évite l’écueil du théâtre filmé, je vous rassure.

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Mc Adams et la vraie Sacha Pfeiffer

La réalisation de Tom Mc Carthy  aurait pu être plus elliptique,  je ne la nommerais pas aux Oscars, mais cela reste tout à fait acceptable. La force du film réside dans la clarté de la narration, les dialogues,  et la qualité du casting. Le reste est bien classique, mais pas au point d’ennuyer même si c’est un peu rétro.

La narration est claire, on comprend les tenants et aboutissants. L’oppression de toute une ville liguée pour se protéger mutuellement du scandale est parfaitement palpable.

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Salviano, a créé une association de survivants, il convainc l’équipe de s’y mettre

Le Boston Globe va enfin jouer son rôle en 2002 en mettant en lumière ce qui était étouffé  depuis des décennies, emportant tout sur son passage. Le Cardinal Law démissionna mais fut pardonné par Jean Paul II qui le promût dans une église prestigieuse au Vatican. Agé de 84 ans, il coule une retraite finalement bien plus paisible que les victimes.

L’Eglise dut finalement verser 85 millions de dollars aux victimes soit 85 000 par victime si on considere que 1000 se manifesterent. Et des dizaines de scandales similaires éclatèrent partout dans le monde. Le film nous le rappelle judicieusement  dans le générique de fin.

Je vous recommande d’aller voir ce film édifiant et instructif.  Même si vous avez déjà lu et vu des reportages sur le sujet, vous apprendrez encore d’autres choses sur le système qui a permis à ces prédateurs pédos de sévir. Par ailleurs, on est curieux de voir comment les reporters vont se dépatouiller dans l’inertie de l’élite bienséante. On y retrouve le silence et la honte comme dans les Innocentes.

On reste abasourdi par les proportions quantitatives du phénomène. De quoi s’interroger sur le célibat des prêtres. On découvre aussi avec plaisir les coulisses d’un journal, les stress et la rivalité entre journalistes.

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L’ensemble des acteurs a temporté un SAG Award 2016.

 

Eng- article du Télegraph sur le sujet et le film

Eng- Plus d’infos sur le film versus la réalité

Eng– Interview de Richard Sipe, un des plus grands spécialistes psy des crimes sexuels du clergé

 

 

 

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