L'effet colibri, the hummingbird effect

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CINE- Prémonitions, le Silence des extralucides

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Prémonitions , alias Solace, est un thriller assez original qui met en scène l’affrontement de deux voyants, l’un est serial killer, l’autre est du côté des policiers. Un film policier entre flashes et réalité avec Anthony Hopkins en voyant mutique, pour une fois dans un rôle de gentil, et une pléiade de vedettes.

En filigrane, un thème d’actualité : peut on voler « la mort » de quelqu’un pour son bien ?

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Cette fois, le serial killer n’est pas Anthony Hopkins.

On ne peut guère féliciter les distributeurs français pour avoir choisi ce titre archi utilisé. Il faut dire que « solace » en anglais signifie réconfort ou consolation ( d’un chagrin) . Et on n’en voit pas tant que cela dans ce thriller qui met en scène un serial killer que tente d’arrêter le FBI. Dérouté par le choix apparemment aléatoire des victimes, un agent vétéran décide d’aller sortir son ami , le Dr Clancy, ex-voyant au service de la police, qui a pris sa retraite à la suite de la mort de sa fille d’une leucémie.

Le Dr Clancy , alias Hopkins, n’est pas très facile à vivre. Ours mal léché, mutique, il n’en fait qu’à sa tête et évite de s’épancher sur ce qu’il voit.  On est si habitué à Medium qu’on s’attend à ce que les révélations médiumniques soient immédiates. Or, le script choisit parfois de les retarder, ce qui est assez frustrant pour celui qui veut bénéficier de son avantage de spectateur. On aimerait créer une connivence avec le voyant.

Il faut dire qu’il en défile des images peu plaisantes dans la tête de Clancy.  Bientôt, il comprend que le serial killer est lui même voyant et qu’il avait tout prévu depuis le début, y compris l’entrée en piste de Clancy et le déroulement de l’enquête. Ce point est plutôt bien amené.

Faux pas de realisation « henaurme ». On se pince quand Hopkins s agenouille pour toucher et sonder l epaule d une victime fraichement tuee. Il s appuie les mains nues sur la baignoire. A l ere post NCIS et CSI ( Les experts) , ce n est juste plus admissible. Il y a un minimum. Pourtant les series de police scientifique sont deja en heresie, les personnages ne portant aucune combi integrale , mais juste des chaussons ou des gants.

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Le duel de voyants , c’était ma motivation essentielle de voir le film. Comment les scénaristes allaient ils se dépatouiller de ce match de devins forcément « hyperconnectés » qui voient tout en avance. On dit en scénarisme qu’il faut éviter la toute- puissance, car cela rabote les enjeux. Le héros n’est intéressant que s’il a des limites. En effet, s’il a toutes les capacités du monde, s’il peut tout savoir, à quoi bon faire un film ? Clancy n’a qu’à donner le nom et l’adresse du criminel de chez lui, par simple flash. Ces limites ne sont guère expliquées, ce qui rend le film moins crédible.

C’est un peu le problème en acte 2 et acte 3, quand l’intrigue s’emballe vraiment. En effet, Clancy semble opportunément à la ramasse sur certaines péripéties. Il ne voit pas tout, mais ne semble pas s’en inquiéter comme Patricia Arquette dans Medium .

Par contre, il a des fulgurances remarquables dans certains cas, tels les poursuites. Un vrai GPS humain. Un des moments fun du film. Tout comme Allison DuBois dans Medium, il a des visions, mais ne sait pas comment les interpréter.

En revanche, on ne peut s’empêcher de noter qu’il ne communique pas avec les esprits des morts. Bien étrange car la plupart des voyants de haut niveau sont de formidables spirites. Clancy ne communique jamais avec sa chère  fille décédée…invraisemblable. S’il avait pu, il ne vivrait  pas ce deuil pesant qui l’enferme chez lui depuis deux ans.

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Le serial killer est voyant, mais on ne voit pas grand chose. La voyance lui sert surtout à préparer ses coups et à exciter la police. Il se prend pour un ange de la mort et s’avère glaçant de débilité dans son discours d’euthanasieur.

Le film est plutôt bien interprété même si on peut trouver Hopkins un peu trop mutique et froid. Dans le 1er rôle féminin,  Abbie Cornish incarne un agent du FBI psycho-criminologue. Son duo avec le voyant était prometteur. Mais on ne peut guère juger de ses talents de profileuse. Dommage qu’il y ait un vrai manque de technicité dans les dialogues, car on se frottait les mains d’avance sur cette collaboration psy-voyant promise en acte 1.

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Abbie Cornish à droite

Impossible de ne pas passer l’acte 1 à se dire qu’on a casté Abbie Cornish à défaut de Charlize Theron, tant son allure, son port de tête très droit, ses gestes,  sa voix et son visage rappellent la star.  Theron, plus expérimentée, plus sculpturale , plus grande, cou un peu plus élancé garde tout de même une longueur d’avance.

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C’est bien Charlize à Cannes 2015

Heureusement, on passe à autre chose, quand les « visions » plus ou moins choc commencent à flasher dans la tête de Clancy, créant une atmosphère fantastique.  Le réalisateur Alfonso Poyart ne s’en sort pas mal, mais on déplore le manque de progression dans les flashes, qui s’avèrent parfois répétitifs, suscitant parfois l’ennui.  On aurait préféré une progression comme dans Medium ou un mélange plus varié.

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Abbie Cornish

Au final , le film n’exploite pas toutes les thématiques qu’il évoque, mais fournit un divertissement à suspense correct, assez original.  Hopkins a de beaux restes et Colin Farrel assure dans un rôle de serial killer paradoxal.

 

 

 

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