L'effet colibri, the hummingbird effect

Evadons-nous d'un battement d'ailes vers un jardin de scoops, de rêve et d'élégance, and more

CINE- The Program, histoire d’un Pacte de Faust

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Après le chef d’oeuvre Tamara Drewe ( assurément un de mes films favoris) et le biopic catho- irlandais Philomena, le réalisateur Stephen Frears s’essaie au biopic sportif. Il se devait de choisir un sujet explosif : la vie et l’oeuvre de l’ambivalent Lance Armstrong, champion déchu et héros anti-cancer.

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Mi ange, mi-démon

Un film au coeur de la machine à gagner la plus verrouillée du sport depuis la RDA.

Le septuple vainqueur déchu du Tour ne laisse pas indifférent. Autant on l’admire pour sa victoire contre le cancer avec métastases qui l’a frappé, autant on est sans voix devant les performances infirmières du sportif et de ses acolytes. Sous la houlette d’un G.Canet en médecin italien sans foi ni loi , il s’adonne dans son bus et à l’hôtel à toutes sortes de manipulations médicales dignes d’une clinique.

Décidé à vaincre malgré ses limites physiques , il signe un pacte faustien, un programme de dopage qui l’amène au sommet de la gloire. Mais plus dure sera la chute.

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Prêt à tout pour gagner

Inspiré du rapport de l’agence anti dopage américaine, le scénario relate avec fidélité les avatars du coureur et du dopage.

Le film résume assez rapidement l’ascension de Lance pour consacrer la seconde moitié du film aux efforts de David Walsh , journaliste du Sunday Times, qui nourrit dès le début des doutes profonds sur les performances hors du commun de ce jeune coureur qu’il a rencontré jadis.

Le film bascule dans une forme de suspense médiatique qui n’est pas pour déplaire. Frears garde toujours au coeur du film la personnalité fascinante de détermination et de cynisme du héros principal. Condamné à incarner le héros qui se complait dans un mensonge qui rapporte de plus en plus gros. La dope lui apporte littéralement la gloire, l’amour et la fortune.  Les Présidents et les stars de Hollywood vous adulent. Qui voudrait arrêter cela ?

Très ressemblant, Ben Foster incarne parfaitement le cycliste américain. Que ce soit dans sa dimension héroïque ou tragique, l’acteur sait incarner les diverses facettes du controversé champion.

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Canet , archi déguisé ( maquillage douteux) , joue le rôle du véreux Michele Ferrari. Sans scrupule, accent italien parfait, Canet parait néanmoins un peu trop caricatural pour être vrai. Il incarne avec un cynisme glaçant le côté diabolique du dopage, triche chimique high tech industrialisée , où l’homme est un cobaye.  Un ballet continu de poches de sang, hormones, transfusions et perfusions, seringues, et dosettes diverses….

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médecin roi du dopage sanguin, le Dr Ferrari

En contrepoint, un autre cycliste apparait dans l’ombre, Floyd Landis, issu d’une communauté archi religieuse, qui ne résistera pas au pacte faustien aussi longtemps que les autres. Découvert, paria offert en bouc émissaire, il  métaphorise parfaitement les remords de l’homme face à ses péchés. Des remords que n’aura jamais vraiment l’imperturbable Lance Armstrong , sauf quand il se retrouve acculé à l’inévitable. Aux USA , le mensonge est un péché mortel, on peut imaginer la difficulté de Lance d’avouer ce qu’il avait finalement oublié: ses mensonges.

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Frears ne joue guère sur la corde du spectaculaire et de l’émotionnel. Il s’agit de performances, de travail. Frears omet les relations maritales et amoureuses du cycliste pour se concentrer sur le secret du dopage. Sheryl Crowe est évoquée comme une « pote », mais n’apparait pas à l’écran. Pourtant, quand elle quitta brusquement son fiancé, tout le monde se demanda si elle avait découvert quelque chose. Mais elle restera muette comme une tombe.

Les scènes de course sont surtout des archives, uniquement quelques courses sont reconstituées. Limite budgétaire sûrement. De toutes façons, difficile de s’émouvoir face à des types en pleines perfusions . On en reste plutôt bouche bée. Surtout si comme moi, on est phobique des seringues, perfs, et prises de sang. Au contraire, on rit sous cape devant les activités illicites quelque part pathétiques, qui confinent au ridicule.  Il en résulte un film un peu glacé, à l’image de son héros , mais ce drame psychologique reste l’évocation instructive d’un sport sacrificiel.

Moment cocasse, quand les coureurs, en pleine dope, évoquent le premier projet de biopic à la gloire du champion , avec Jake Gyllenhaal dans le rôle titre.

Frears n’omet pas la face angélique et généreuse anti cancer d’Armstrong, très impliqué dans  sa fondation LiveStrong. Un homme mi ange- mi démon qui même déchu, conserve une base de fans éblouis par ses exploits passés et son mental d’acier.

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Lance, emmuré dans la solitude de son secret

Film sorti le 16/09/2015.

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