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CINE – Gone Girl , bombe à retardement diabolique

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Gone Girl est le dernier film de David Fincher, rendu célèbre par le film culte « Seven ».

Thriller diabolique mêlant policier, satire sociale et suspense, le film se base sur le roman policier de Gillian Flynn, qui a également signé le scénario du film. Il permet à la talentueuse Rosamund Pike d’enfin accéder à la renommée qu’elle mérite.

Tout comme Saint Laurent, le film dure 2h30. Cela peut paraitre long de prime abord, quand on prend connaissance du concept d’apparence classique : une femme disparait un matin de chez elle, dans une petite ville du Missouri;  son mari, pas vraiment éploré éveille rapidement les soupçons. Mais il a ses raisons et cette femme n’est pas aussi ordinaire qu’elle n’en a l’air…

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Rosamund Pike dans Gone Girl

Gone Girl commence comme un film policier classique, mystère, enquête, suspicions, indices. Fincher et Flynn y ajoutent une dimension satire sociale, de cette Amérique « bien sous tous rapports  » du MidWest.

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Un mari pas assez éploré et naïf

Au passage sont égratignés la « upper class urbaine » Manhattan ( très Upper East Side)  , incarnée par les parents écrivains dessinateurs de la disparue, Amy. Les parents sont froids et glaçants de snobisme et de narcissisme.  Ils ont fait de leur unique enfant, un personnage de bande dessinée, « Amazing Amy ». L’enfant objet, voilà un sujet d’actualité, cela fait penser à North West  ou à sa mère Kim K transformée en objet marketing par sa momager maquerelle. Des objets aux mains de mamans égomaniaques cupides narcissiques.

S’enchaîne rapidement la satire des médias, notamment de cette trash tv qui cloue au pilori les suspects pour le plaisir de faire de l’Audimat. Sela Ward  ( Les Experts NY) est excellente dans un caméo en tant qu’animatrice tirée à 4 épingles d’un talk show confession.

Le film bascule du mystère policier vers le thriller . La force de l’histoire conçue par Flynn est le changement de point de vue sur le mari (Ben Affleck) et sur la femme ( Rosamund Pike). Chaque personnage apparait tantôt victime, tantôt bourreau, tantôt innocent, tantôt coupable, ce qui  tient en haleine le spectateur perplexe.

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La satire sociale  est particulièrement savoureuse et juste. Une nuée de personnages secondaires de qualité, pourvus d’une profondeur psychologique réelle constitue l’écrin indispensable autour du couple phare de l’histoire. Ceci est dû au talent des acteurs qui apportent corps aux dialogues.

Ben Affleck nuance bien son jeu, entre mari benêt pas net , mari carrément salaud ou  mari très inquiet.

La révélation du film reste néanmoins Rosamund Pike, qu’on avait repérée dans James Bond, puis dans La Faille ( Fracture)   où elle jouait une procureure ambitieuse , face à un casting de prestige ( Hopkins et Gosling).

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De jeune New Yorkaise modèle toute pimpante ,  à épouse déprimée, puis à désespérée  au bord de la crise de paranoïa, elle fait admirer toutes les facettes de son talent, masqué derrière un minois de porcelaine à la froideur très Grace Kelly ( la star aurait surement adoré jouer ce personnage).

David Fincher apporte une réalisation soignée, glaçante, qui fait penser aussi bien à Hitchcock qu’à Basic Instinct. On est assurément une classe au dessus d’un film comme Avant d’aller dormir de par la sophistication et la richesse narrative.

Comment garder éveillé un spectateur pendant 2h30 ? Contrairement à Saint Laurent qui accumulait dans son ventre mou une série de scenes orgiaques redondantes, Gone Girl propose une construction en plusieurs climax ( gradation de péripéties  aboutissant à un point culminant appelé l’ acmé), qui permet de maintenir le spectateur en haleine jusqu’à la révélation suivante.  En alternant les points de vue, les auteurs maintiennent habilement le suspense sur une intrigue en apparence éculée. Fincher en profite aussi pour aborder les thèmes du couple, de la famille, de la précarité, etc.

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Rosamund Pike, la golden girl de l’année

L’histoire est relativement bien ficelée. Personnellement, j’ai repéré deux failles sur l’histoire à la fin ( l’une implique un certain système de CCTV privé) qui auraient pu pousser le film plus loin.

Mais, l’envoûtement est au rendez vous, visuel, psychologique.

On reste sous le choc de l’acmé final et de l’épilogue machiavélique.

Evidemment, on peut toujours déplorer la surenchère de l’acmé final, qui est hélas la mode de nos jours dans les films bien pourvus en budget.

 

 

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